🇫🇷 French · A1–B1 · Chapter 38 of 44

Chapitre 38 : Le vrai voleur

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Chapitre 38 : Le vrai voleur

Dans sa cellule, Fogg attendait, calme, sans savoir combien d’heures il perdait. Il était deux heures trente-trois quand la porte s’est enfin ouverte. Fix est entré, le visage pâle, un télégramme à la main.

« Monsieur, dit-il, une erreur terrible a été commise. » « Le vrai voleur s’appelle James Strand. » « On l’a arrêté, il y a trois jours. »

Fogg, en apprenant cela, n’a montré ni joie ni colère. Il était libre, mais ces heures perdues ne reviendraient plus. Quelques heures de prison, pour rien. Le pari, lui, ne connaissait pas de pardon.

Ces heures perdues avaient sans doute coûté à Fogg son pari. Fogg s’est levé lentement et a regardé Fix droit dans les yeux. Sans un mot, il a levé le poing et a frappé une seule fois.

Fix est tombé sur le sol, assommé, sans un bruit. « Voilà, a dit Fogg, pour le temps perdu. »

Aouda et Passepartout ont couru vers la gare, le cœur serré. Un train spécial les attendait déjà, moteur allumé. « Allez le plus vite possible, » a demandé Fogg au conducteur.

Le train est parti à toute vitesse, droit vers le sud. Fogg, assis, ne jouait pas aux cartes, pour la première fois du voyage. Il regardait sa montre, seconde après seconde. Passepartout comptait les gares qui passaient, en silence.

Aouda tenait la main de Fogg, sans oser parler. Le train roulait vite, mais le temps roulait plus vite encore. Personne, dans le wagon, n’osait plus parler.

Enfin, les lumières de Londres sont apparues au loin. Le train est entré en gare à neuf heures cinquante. Cinq minutes de retard : le pari semblait perdu.

Fogg est descendu du train, très calme, très pâle. « Tout est perdu, » a-t-il dit doucement, à personne en particulier. Il est rentré chez lui, à pied, dans la nuit froide de Londres. Personne, cette fois, n’attendait Phileas Fogg à Savile Row.